sirenemelusine

02 décembre 2009

essai de lecteur et de video

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23 octobre 2009

je vais l'acheter...

le dernier cd d'hugues Aufray

auffray

ici  en pré écoute

 

 

Hugues Aufray fête cette année ses 80 ans et ses 50 ans de carrière, pour cet anniversaire  il  sort un album de reprises en français de Bob Dylan et à invité donc les chanteurs en vogue toutes générations confondues pour chanter avec lui en duo. Au casting de cet album qui s'intitule "The New Yorker" prévu à la vente le 26 octobre : Francis Cabrel, Raphaël, Eddy Mitchell, Johnny Hallyday, Arno,Carla Bruni, Bernard Lavilliers

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18 juillet 2008

écoutez.....

KatieMelua


Découvrez Katie Melua!

merci magel pour cette re- decouverte


                                                   If you’re a cowboy I would trail you,
                                             If you’re a piece of wood I’d nail you to the floor.
If you’re a sailboat I would sail you to the shore.
If you’re a river I would swim you,
If you’re a house I would live in you all my days.
If you’re a preacher I’d begin to change my ways.

 

Sometimes I believe in fate,
But the chances we create,
Always seem to ring more true.
You took a chance on loving me,
I took a chance on loving you.

 

If I was in jail I know you’d spring me
If I was a telephone you’d ring me all day long
If  I was in pain I know you’d sing me soothing songs.

 

Sometimes I believe in fate,
But the chances we create,
Always seem to ring more true.
You took a chance on loving me,
I took a chance on loving you.

 

If I was hungry you would feed me
If I was in darkness you would lead me to the light
If You Were a book, I know  you've read me every night
If I was a book I know you’d read me every night

 

If you’re a cowboy I would trail you,
If you’re a piece of wood I’d nail you to the floor.
If you’re a sailboat I would sail you to the shore.
If you’re a sailboat I would sail you to the shore


Si tu étais un cow-boy je te suivrai à la trace,
Si tu étais un bout de bois je te clouerais au sol.
Si tu étais un voilier je te guiderais jusqu'au rivage.
Si tu étais une rivière je te parcourrais à la nage,
Si tu étais une maison je t'habiterais chaque jour.
Si tu étais un pasteur je commencerais à changer mes habitudes.

Parfois je crois au destin,
Mais les chances que nous créons,
Semblent toujours mieux sonner.
Tu relèves le défi de m'aimer,
Je relève le défi de t'aimer.

Si j'étais en prison je sais que tu m'aurais immédiatement libéré
Si j'étais un téléphone tu m'aurais fais sonner toute la journée
Si j'étais malheureuse je sais que tu m'aurais chanté de douces chansons

Parfois je crois au destin,
Mais les chances que nous créons,
Semblent toujours mieux sonner.
Tu relèves le défi de m'aimer,
Je relève le défi de t'aimer.

Si j'avais faim tu me nourrirais
Si j'étais dans le noir tu me guiderais vers la lumière
Si j'étais un livre je sais que tu me lirais chaque nuit

Si tu étais un cow-boy je te suivrai à la trace,
Si tu étais un bout de bois je te clouerais au sol.
Si tu étais un voilier je te guiderais jusqu'au rivage.
Si tu étais un voilier je te guiderais jusqu'au rivage.

Posté par sirenemelusine à 20:01 - chansons,textes ,poesie - Commentaires [12]

30 novembre 2007

à la façon de théophile de Viau...

la fille de mon conjoint a eut un texte à ecrire
dans l'esprit de celui de Théophile de Viau
et de son poème
Un Corbeau devant moi croasse
je ne connaissais pas ce poète..
je viens de decouvrir son oeuvre

je me suis amusé à écrire ce petit texte...
exercice que je pratiquais souvent sur un forum quand les "debats" partaient en "vrille"
histoire de "dédramatiser" avec humour...

je ne sais pas si c'est exactement de la même "veine"....



Ce matin j’ai du me garer en double file,car avec la mer qui montait,
la sardine avait pris ma place dans la queue.
Impossible ensuite d’affaler la grand voile
car le nuage sur le café ne voulait pas me faire de la monnaie..
C’est pas possible ! !
Je vais chanter ailleur alors
Peut etre qu’avec une nouvelle paire de lunette
je pourrais entendre les bonnes odeurs ! ! !

Je remontais ensuite dans mon carrosse
et volait en vitesse sous un arc en ciel
qui m’indiquait le chemin du port.
Cette fois,je n’eut aucun mal pour trouver un ticket.
J’achetais un peu de sieste ,du reve,et beaucoup de caramels..

De retour  à la maison,
je m’écoutais une petite douche,et me coiffais avec ma clochette.
J’ouvris ensuite la porte du frigo
pour chercher de quoi m’habiller pour la soirée…
Un costume de pingouin et une paire de guitare
pour aller danser la tartiflette avec les copines..
Elles étaient déjà amarré au ponton quand j’arrivais.

Ça remuait pas mal dans le carton..
il y avait une bonne  sauterelle dans l’air.
J’avais un succés fou
quand une déferlante me demanda
de  lui presenter l’autre pomme qui m’accompagnait…
Elle lui répondit par un grand éclat de rire qui souffla jusqu’à la lune…
Trop tard….
Une étoile disparu entre deux mers
Il fallait rentrer
pour compter les moutons et tricoter un gros dodo…

Posté par sirenemelusine à 11:14 - chansons,textes ,poesie - Commentaires [7]

26 septembre 2007

jacques à dit....

écoute....


clip de" jacques a dit" christophe willem

j'ai le cd...un vrai plaisir du début à la fin....

Je suis un oiseau
Qui est tombé de haut
Je traîne ma peine
Une larme qui coule
J'ai dans la gorge une boule
Comme une pierre qui roule
Perdue l'innocence des jours
Passés dans la cour de l'école
Du bonheur, j'en ai pas
Y en a que pour Pierre et Paul


Jacques a dit : "Cours"
Jacques a dit : "Vole"
Mais pas le jour où je décolle
Jacques a dit : "Cours"
Jacques a dit : "Aime"
J'ai beau t'aimer, tu pars quand même
Jacques a dit : "Marche"
Jacques a dit : "Rêve"

Me fait tant marcher que j'en crève
Jacques a dit : "Certes, je lui pardonne"
Jacques est un rêve, pas un homme

Reste
Une mélancolie cachée
Sous mon manteau de pluie
Qui traîne encore
Je ne sens plus le vent dans mes voiles
Dis-moi à quoi me sert mon étoile
Si je perds le Nord ?
Mes îles, je les ai méritées
Mes ailes, je les ai pas volées
J'ai tout fait comme tu m'as dit
Mais le rêve s'évanouit


Jacques a dit, certes, des tas de choses
Mais sur la vie, pas toutes roses

Jacques ne dit pas tout
Jacques ne dit mot
Jacques ne sait pas ce qu'on vit
Jacques ne sait pas que c'est tout gris

Jacques a dit : "Cours"
Jacques a dit : "Aime"
J'ai beau t'aimer, tu pars quand même
Jacques ne sait rien de la vie

Jacques a dit : "Marche"
Jacques a dit : "Rêve"
Me fait tant marcher que j'en crève
La vie, c'est tout gris

Jacques a dit : "Bois"
Jacques a dit : "Mange"
Moi j'ai grandi, mais rien ne change
Jacques a dit : "Vague"
Jacques a dit :"S'cours"
Mais ne connaît rien à l'amour
Jacques a dit : "Chante, c'est une vie"
Moi je déchante peu à peu
Jacques a dit : "Certes, je lui pardonne"
Jacques est un rêve, pas un homme.

Paroles: Zazie. Musique: Zazie, Jean-Pierre Pilot, Olivier Schultheis

Posté par sirenemelusine à 11:55 - chansons,textes ,poesie - Commentaires [5]

07 septembre 2007

de la musique

en attendant mon retour...
c'est un breton parait il!!!

et c'est super!!


Renan Luce - Les Voisines
envoyé par Renan-Luce


Renan Luce - La Lettre
envoyé par Renan-Luce


Elodie Frégé & Renan Luce - Bang Bang
envoyé par guenael76

Posté par sirenemelusine à 09:39 - chansons,textes ,poesie - Commentaires [8]

04 septembre 2007

zazie,you don't love me....


zazie,you don't love me....


je viens d'acheter le dernier album de Zazie,Totem
et j'ai eut un vrai coup de coeur pour cette chanson,que j'ai mis rapidement en image
pour la partager avec vous...
bonne écoute...

Les étoiles ont filé
Je fais le voeu qu'on serait
Heureux puisqu'on ne l'est pas
En vérité

Dès lors que je dors en revanche
Je m'arrange
Je fais de nous des anges

Où l'on s'aime
Où personne ne nous dérange

Et je ferme les yeux sur le monde
Tu épouses mes ombres
L'espace d'une seconde
Nos rêves se confondent

And I
And I love you
Je me fous de ce qu'on en dit
Je rêve donc je suis

A voir les hommes se défiler
Comme les voeux sans se réaliser

Le coeur nous manque et nous pèse
A en crever
Alors j'attends que tombe la nuit
Dans le noir
Le désespoir est permis
Je te suis fidèle à l'infini
Ca me suffit

And I
And I love you
Je sais bien ce que tu en dis
You don't love me
You don't love me

Posté par sirenemelusine à 21:22 - chansons,textes ,poesie - Commentaires [4]

29 août 2007

pour le plaisir des oreilles....

Je suis un homme de Cro-Magnon
Je suis un singe ou un poisson
Sur la Terre en toute saison
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.

Je suis un seul puis des millions
Je suis un homme au coeur de lion
A la guerre en toute saison
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.

Je suis un homme plein d'ambition
Belle voiture et belle maison
Dans la chambre ou dans le salon
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.

Je fais l'amour et la révolution
Je fais le tour de la question
J'avance, avance à reculons
Et je tourne en rond, je tourne en rond.

Tu vois, j'suis pas un homme,
Je suis le roi de l'illusion
Au fond, qu'on me pardonne
Je suis le roi, le roi des cons.

Je fais le monde à ma façon
Coulé dans l'or et le béton
Corps en cage, jeté en prison
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.

Assis devant ma télévision
Je suis de l'homme, la négation
Pur produit de consommation
Oui, mon compte est bon
Mon compte est bon.

Tu vois, j' suis pas un homme,
Je suis le roi de l'illusion
Au fond, qu'on me pardonne
Je suis le roi, le roi des cons.

C'est moi, le maître du feu,
Le maître du jeu, le maître du monde
Et vois ce que j'en ai fait,
Une Terre glacée, une Terre brûlée,
La Terre des hommes que les hommes abandonnent.

Je suis un homme au pied du mur
Comme une erreur de la nature
Sur la Terre sans d'autres raisons
Moi je tourne en rond, je tourne en rond.

Je suis un homme et je mesure
Toute l'horreur de ma nature
Pour ma peine, ma punition,
Moi je tourne en rond, je tourne en rond

Je suis un homme et je mesure
Toute l'horreur de ma nature
Pour ma peine, ma punition,
Moi je tourne en rond, je tourne en rond

Moi je tourne en rond, je tourne en rond

Posté par sirenemelusine à 22:19 - chansons,textes ,poesie - Commentaires [4]

15 mars 2007

fermeture temporaire de radioblog...

touvé cette info  avec les actualités de google
que je regarde tout les matins
et aussi ailleurs

dans un communiqué, la société Mubility, propriétaire de Radioblogclub, explique que la Sacem
"a fait pression sur la société OVH afin qu'elle suspende ses prestations d'hébergement du site, ce qui a été fait sans autre forme de procès", alors que des négociations étaient en cours pour parvenir à une rémunération des auteurs-compositeurs français dont les titres étaient diffusés sur le site. Mercredi soir, la Sacem n'avait pas publié de communiqué. Le 7 mars, elle avait annoncé avoir demandé, et obtenu, la fermeture d'un site similaire, Blogmusik.net.


pour le moment,je crois que le lien affiché dans nos blogs envoient toujours  la "musique"
voir enya au dessous de la petite fée de verre
mais peut etre ça ne durera pas...
zut alors!!

j'espére qu'ils vont trouver un arrangement avec la sacem..
à suivre


dernieres news

Face à la méthode forte de la Sacem, la société Mubility, propriétaire de Radioblog, a décidé de contourner la législation française. L'éditeur devrait s'installer dès ce soir chez un hébergeur étranger "plus sûr et plus puissant" et retirer de son catalogue toutes les chansons françaises. Ce rapide déménagement virtuel devrait empêcher tout recours de la Sacem et satisfaire les 20 millions de visiteurs mensuels.

Posté par sirenemelusine à 16:41 - chansons,textes ,poesie - Commentaires [11]

30 janvier 2007

l'histoire de Mélusine

La Légende de Persine et Mélusine
Tradition Vendéenne

(source en cliquant sur le titre)


"Si vous essayez de voir une fée
En plein jour
En pleine lumière
En plein midi...
Ça marchera pas !
Les fées
On les surprend parfois à l’aube
Entre deux lumières
émergeant de la brume
Ou sous la lune pleine"
(Yannick Jaulin - Mélusine)

la_fee_du_lac_2

Elinas, roi d’Ecosse, a semé ses suivants au cours d’une partie de chasse. Il est maintenant seul, sur son cheval, au beau milieu de la forêt, gouttant à une tranquillité qui lui est assez peu familière. Il finit par déboucher dans une grande clairière au milieu de laquelle se trouve une fontaine. La fée Persine, reine des fées d’Ecosse, s’y baigne. Elle n’entend pas le roi s’approcher, sans doute trompée par les éclats de la chasse qui se perdent dans le lointain. Elle est d’abord surprise, puis elle reconnait le roi qui reste interdit, bras ballants, devant une telle apparition...
Le roi, en un clin d’œil, des sommets du pouvoir, des cimes de la richesse, tout roi qu’il est, le roi Elinas d’Ecosse tombe... en amour.
La fée est sortie de la fontaine et se tient devant lui, magnifique et élancée, entièrement nue... Et le cœur d’Elinas bat la chamade, galope même !
Le cœur du roi se rend à cette femme qui semble si fragile
A cette reine de l’autre monde...
- Je m’appelle Persine, lui dit la fée. Je suis reine de mon peuple et nos deux destins sont désormais intimement entremélés. Je sais lire les signes et déchiffrer les coeurs, sans jamais me tromper... Et c’est là mon pouvoir ! Nous allons nous marier, ô roi... Mais avant tu dois me promettre, que jamais tu ne chercheras à me voir du temps de mes couches.
Ainsi parle la fée, et le roi fait le serment attendu.

Les épousailles sont bientôt célébrées et le bonheur régne sur le pays. De leur union naissent trois filles : Mélusine, Mélior et Palestine. Il sont heureux...
Un temps...

Mais le bonheur, ça ne peut que se flétrir. Comme une fleur.

Mataquas, le fils maudit, premier né du roi, d’un premier mariage. Mataquas le jaloux, le fourbe... Mataquas pue-la-haine !
- Pourquoi donc, mon noble père, mon puissant roi, pourquoi cet interdit ? Il y a là-dessous, à n’en point douter, quelque mystère qu’on cherche à vous cacher, quelque trahison sur laquelle on ne voudrait pas que vous portiez les yeux, de peur de votre juste courroux. Ne point la voir du temps de ses couches... Vous êtes en votre royaume ! C’est vous qui commandez !
Le roi est noble et fier, alors au tout début, il refuse d’écouter les paroles de son fils. Manquer à sa promesse, il n’en est pas question une seule seconde...
Mais deux secondes, déjà, c’est bien plus long...
Et les jours
Les mois
Et le venin qui coule intarissable...
Le venin
Qui coule
Intarissable
Le roi est noble et fier, alors il finit par douter. Les démons le tourmentent et lui, seul, il résiste. Mais des démons, on en a toujours à ne plus savoir qu’en faire...
Elinas, roi d’Ecosse, car il est noble et fier, entre dans la chambre où Persine baigne ses trois petites.
Persine pousse un hurlement, et au dessus du bruit des larmes de ses filles, désespérée elle lance à Elinas :
- Tu m’as trahie et nos cœurs se déchirent ! Désormais, et par ta faute, je suis perdue pour toi !
Sans un adieu, ni un dernier regard, elle s’envole en fumée avec ses enfants enveloppés dans une serviette rouge. La baignoire est vide, l’eau s’est évaporée, et l’on raconte qu’Elinas effondré l’a remplie de ses larmes.

Persine s’en est allée dans l’île enchantée d’Avallon. Elle y élève ses filles pendant quinze ans. Et chaque matin, un peu avant le jour, elle conduit Mélusine, Mélior et Palestine au sommet de la montagne Fleurie d’Eléonos. De là, elles contemplent le lever du soleil sur les rivages d’Ecosse que l’on devine au loin.
- Voyez, mes filles, c’est là que nous aurions dû vivre, heureuses, si votre père n’avait pas manqué à sa parole. La joie aurait été notre quotidien alors que désormais nous sommes condamnées à cette misérable condition...
L’amertume, la nostalgie hantent le cœur de Persine qui ressasse sans arrêt le récit de sa tragique épopée.
Un jour, l’aînée, Mélusine, réunit ses deux sœurs en secret pour les entretenir d’un plan :
- Pendant ce temps qui est passé, j’ai bien réfléchi... Tout est la faute d’Elinas, notre père. Nous sommes maintenant versées dans les sciences magiques... Il serait juste qu’il paie encore plus durement le tourment dans lequel il nous a plongé.
Il serait juste
Qu’il paie
Encore plus durement
Le tourment dans lequel il nous a plongé !

Les sœurs acquiescent ; le roi d’Ecosse se retrouve enfermé dans la montagne de Northumberland, que l’on appelle encore Brumblerio. A tout jamais...
Enfermé !
Il serait juste
Qu’il paie
Encore plus durement
Le tourment dans lequel il nous a plongé !

Les enfants sont cruels...

- Misérable filles ! leur dit leur mère quand elle apprend la nouvelle. Qui êtes-vous pour oser juger le destin ? Qui croyez-vous être pour vous substituer à son bras vengeur ? Qui pensiez-vous ainsi châtier ? Vous n’avez plus votre place sur l’île enchantée d’Avallon et nous devons ce jour nous séparer pour ne plus nous revoir.
Elle s’adresse alors plus particulièrement à Mélusine :
- Quant à toi, qui est la plus savante, toi par qui tout est arrivé, écoute maintenant quel est ton châtiment. Tu seras désormais, chaque samedi, Serpente du nombril jusqu’aux pieds. Si jamais tu viens à te marier, ton mari ne devra jamais te voir sous cet aspect ni connaître ton lourd secret. A cette condition tu vivras et mourras comme une femme, sinon tu connaîtras la solitude et les tourments sans fin ! Mais quoiqu’il en soit tu seras la source d’une noble et courageuse descendance qui commettra de hauts faits.
Adieu, ma première fille, et ne reviens jamais...
Les trois sœurs se sont séparées ; Persine, quant à elle, est restée en Avallon, toute seule avec ses souvenirs et son chagrin.
Mélior deviendra reine des étoiles filantes et Palestine princesse des cygnes blancs. Mais ce sont là d’autres histoires...
La jeune Mélusine va par les chemins, elle arrive en terre de France et erre dans les forêts du Poitou. Au fil du temps, son cœur s’apaise et une belle nuit, elle lit dans les étoiles qu’elle est désormais capable d’aimer. Alors, comme le soleil se lève, du plus profond d’elle jaillit un rire pur et cristallin...
Et le temps passe encore et une belle nuit, elle lit dans les étoiles que désormais elle pourra elle aussi être aimée. Elle se rend alors à la fontaine de Sé, au milieu de la forêt de Colombiers. Là, elle quitte sa robe et entre dans l’eau claire pour s’y baigner au clair de la lune.

Cette même nuit, le jeune Raymondin galope dans la forêt . Droit devant lui, il ne fait rien pour éviter les branchages qui viennent lui déchirer le visage. Il a mal, la douleur le déchire car la fatalité a fait de lui un meurtrier. En effet, lors d’un terrible accident de chasse il a ôté la vie à son oncle Aimeri, le comte du Poitou.
Il galope pour oublier.
Si seulement il pouvait oublier !
Il galope sur sa monture hors d’haleine qui l’accompagne au bout de la folie...
La chevauchée maudite débouche dans une clairière où soudainement le cheval se met au pas. Raymondin pose pied à terre... et il s’approche de la fontaine, comme hypnotisé.
- Je t’attendais, lui dit la fée. Il n’y a pas de mots qui puissent te consoler, pas d’actes qui puissent revenir contre le temps passé. C’est le destin, nous devons y faire face car c’est le lot de toute créature qui pense et qui respire au monde.

Et Raymondin, en un clin d’œil, des profondeurs de la folie, des abîmes du désespoir, là où l’obscurité est si opaque que l’on s’y prend les pieds et que l’on tombe encore plus bas, et que l’on se relève pour tomber encore, et bien Raymondin est illuminé... par l’amour.
- Il faisait froid, dit-il. Mais cette étrange chaleur tout d’un coup... C’est vous ?
- Mais non, c’est toi !
- ...
- Je m’appelle Mélusine. Je vais t’accompagner et nous allons nous marier, Raymondin. Mais avant, tu dois promettre, tu dois me jurer que jamais que tu ne chercheras à me voir le samedi. A cette seule condition nous serons heureux.
Et Raymondin fait le serment attendu.

Mélusine lui conseille de retourner à la cour du nouveau comte du Poitou et de lui dire toute la vérité sur l’accident de chasse. Raymondin écoute son conseil, on lui pardonne, et il obtient même pour son mariage le fief de Lusignan.
Peut-être la fée a-t-elle tiré magiquement dans l’ombre les ficelles du destin en faveur de Raymondin... Qu’importe, les premières démonstrations au grand jour de ses pouvoirs sont spectaculaires : la nuit précédent les noces, elle bâtit une chapelle où a lieu la cérémonie et la forteresse de Lusignan dans laquelle le jeune couple s’installe.
Le bonheur est là, le pays est prospère.
Chaque nuit, Mélusine fait construire des châteaux, des abbayes et des chapelles, au petit peuple de la terre. Gnomes, lutins, farfadets, korrigans, à son service, de quelques pierres et d’un peu d’eau érigent les tours, clochers, dressent vers le ciel édifices et villes entières avant que le soleil ne reprenne sa course. Vouvant, Mervent, les forteresses de Tiffauge, Talmont et Partenay, la tour de Saint-Maixent, les tours de garde de La Rochelle et de Niort, l’église de Saint-Paul-en-Gâtine, et bien d’autres... Toutes ont eut le même architecte : Mélusine. Et si un curieux surprend la bâtisseuse au travail, elle s’arrête et laisse le chantier en l’état. C’est pour cette raison qu’il manque une fenêtre à Merrigoute ou la dernière pierre de la flèche de l’église de Parthenay.
Personne ne s’étonne ! Comme si c’était normal...
Parfois aussi on entend son rire enfantin qui soulage les peines les plus lourdes à porter.

L’amour qu’elle partage avec Raymondin est sans faille, limpide comme l’eau de la fontaine de Sé. Elle lui donne dix fils !
Dix enfants bien étranges... Bizarres comme on dit...
Antoine porte à sa joue une griffe de lion, Guion a un œil plus haut que l’autre, Geoffroy avec sa dent de plus d’un pouce, Urian avec un œil rouge et l’autre pers, Oron aux oreilles phosphorescentes semblables à celles d’un chien, Froimond gros nez, Thierry l’homme-singe, Raymond qui est transparent, Armand haut-comme-trois-pommes, et Renon le plus grand mais dont la langue traîne par terre.
La famille est riche, alors on ne pose pas trop de questions...
Mais tout de même
A bien y regarder
Quand on réfléchit un peu
Ça saute aux yeux !
C’est pas normal !
Pas normal...

Combien de Mataquas pourrissent le monde ? Combien de vipères...
Raymondin a un frère, le conte Forez.

- Ecoute-moi, mon frère, c’est le soucis de ton honneur et de ton renom qui a guidé mes pas. Ton bonheur seul m’importe et tu sais bien que je sacrifierais tout ce qui m’appartient pour toi. Ecoute-moi, mon frère, on jase en ville. Tes enfants, ta femme qui se cache une fois par semaine... M’est avis qu’elle pratique le coït, l’accorte bougresse, avec le démon !

Raymondin est noble et fier, alors au tout début, il refuse d’écouter les paroles de son frère. Manquer à sa promesse, trahir la confiance, il n’en est pas question une seule seconde...
Mais deux secondes...
Le venin, distillé, purifié, corrosif, coule...

On jase en ville...
Tes enfants...
Ta femme...
L’accorte bougresse...
M’est avis qu’elle pratique le coït !

Raymondin est noble et fier, alors il finit par douter. Sa confiance s’effrite. Un samedi, rongé jusqu’en son cœur crépitant, il se rend devant la porte interdite. Avec la pointe de son épée, il en perce le bois et il peut bientôt voir tout ce qui se trouve de l’autre coté.
Dans une immense cuve de marbre blanc, sa femme se baigne. Elle peigne ses longs cheveux, nue de la tête jusqu’au nombril. Dans l’eau trempe une gigantesque queue de serpent qui claque de temps à autres et projette des éclaboussures jusqu'à la voûte de la chambre.
- Trahison ! hurle Mélusine. Nous sommes, mon amour, tous deux damnés ! Toi parce que tu me perds à tout jamais et moi car je retourne au monde des esprits errants et sans abris !
Et elle disparaît par la fenêtre, comme une tornade, en poussant une longue plainte.

On prétend qu’elle n’abandonna pas ses enfants pour autant, et qu’elle revint régulièrement la nuit s’occuper d’eux, jusqu'à ce qu’ils fussent en âge de se passer d’elle. Ils grandirent, et selon la prophétie de Persine, donnèrent naissance à d’illustres lignées.
Trois mois avant la mort de Raymondin, qui s’était fait ermite à Montserrat, Mélusine apparut à chacun d’eux ; vision d’une femme tourmentée et gémissante, tournoyant seule en peine dans le ciel. De nos jours, on l’aperçoit encore lorsqu’une forteresse de la famille est vendue, ou bien encore lorsqu’un des héritiers de ses fils est proche du trépas.
Âme damnée, âme perdue, âme en peine...
Mélusine, la fée rieuse, la fée bâtisseuse.
Mélusine la fée amoureuse.

Plus je dirai et plus je mentirai.
Le récit de la fête est déjà la moitié de la fête
Un mot dit à l’oreille est parfois entendu de loin
On gagne toujours à taire ce qu’on n’est pas obligé de dire

Méfiez-vous des histoires...

Posté par sirenemelusine à 10:41 - chansons,textes ,poesie - Commentaires [15]